Jardin 101 ou commencer un potager sans se ruiner

Jasmine Kabuya-Racine jardin potager

Traumatisés par les choux-fleurs à 7 $ cet hiver, bien des consommateurs se sont mis en tête de cultiver un potager cet été. C’est une bonne idée, mais cela demande tout de même des investissements. Comment faire les bons choix? Entrevue avec Jasmine Kabuya-Racine, horticultrice, conférencière et blogueuse à Je suis au jardin.

 

 

 

Quels fruits et légumes engendrent le meilleur rendement sans nécessiter trop de soins?

Les tomates cerise, carottes, concombres et fines herbes sont de bons choix pour des espaces limités. Si on a un grand jardin, on peut y aller avec des cultures plus exigeantes comme le fameux chou-fleur, mais c’est moins intéressant si on a peu d’espace.

Du côté des fruits, le camérisier donne une bonne quantité de fruits deux à trois ans après la plantation pour un entretien minimal. Les fraisiers peuvent aussi faire un très bon couvre-sol dans les plates-bandes. Les framboisiers poussent aussi très bien. Lorsqu’on a peu d’espace, on peut choisir des variétés plus compactes.

Si on veut planter un pommier dans la cour, mieux vaut choisir une variété plus rustique. Il va nécessiter moins de traitements.

Comment avoir une bonne terre sans se ruiner?

Le petit sac de terre noir pas cher, on oublie ça. C’est très acide et ce n’est pas recommandé. Mieux vaut utiliser une terre à jardin ou un terreau spécialisé pour le potager. Cela vaut la peine d’investir pour avoir de bons résultats.

Pour économiser, on peut faire son propre mélange : 1/3 de terre à jardin, 1/3 de compost et 1/3 de matériel drainant comme de la vermiculite ou du sable.

D’ailleurs, on peut faire son propre compost pour économiser. Il suffit d’alterner les couches de matière azotée, comme des résidus de cuisine et de la pelouse, et celles de matière carbonée, comme des feuilles mortes. Il vaut toutefois mieux éviter d’y mettre des mauvaises herbes, surtout en graines, car il va en pousser partout ensuite.

Avez-vous d’autres trucs pour éviter les ennuis de jardin?

Vérifier la zone de rusticité des plantes pour s’assurer qu’elles sont bien adaptées au climat.

Le compagnonnage est une bonne astuce. Pour éloigner les insectes néfastes de nos plants de pommes de terre, par exemple, on peut planter des haricots à proximité.

Chaque plante a ses défis. Il faut adopter de bonnes méthodes de culture pour celles que l’on choisit en s’informant au moment de l’achat. Il faut aussi s’assurer de mettre suffisamment de compost et veiller à ce que les plantes ne manquent pas d’eau. On peut se retrouver avec de la pourriture à la base de la tomate lorsqu’elle manque d’eau, par exemple.

Quels sont les outils essentiels que devrait se procurer un jardinier débutant?

Une binette à trois dents avec un long manche, un râteau à niveler, une fourche pour aérer un peu le sol, une petite et une grosse pelle. Ce sont les principaux. Il ne faut pas se gêner pour emprunter les outils qu’on utilise rarement. Pendant longtemps, j’ai utilisé la brouette de ma voisine et cela lui faisait plaisir de me la prêter.

On peut attendre en fin de saison pour se les procurer à plus petit prix. Ça vaut la peine d’acheter des outils de jardin de qualité, c’est bête d’en acheter qui brisent au bout d’un an.

Vaut-il la peine d’investir pour faire un potager dans des bacs?

Ce n’est pas essentiel, mais cela comporte plusieurs avantages. En étant surélevé, on y retrouve moins de mauvaises herbes dans le jardin. Le drainage se fait mieux et les bacs se réchauffent plus vite au printemps.

S’il est assez haut, ça peut aussi être plus ergonomique. Cultiver en bac engendre aussi moins de pertes d’espaces puisqu’on peut planter jusqu’aux bords.

En terminant, avez-vous d’autres trucs pour économiser?

On ne devrait pas hésiter à emprunter, à échanger et à profiter des gratuités. Le site PlantCatching, par exemple, est vraiment génial pour partager avec son voisinage.

Utiliser des graines plutôt que des plants est aussi plus économique. De plus, on peut laisser les laitues monter en fleur puis en graines ou laisser sécher sur place un plant de haricot nain ou grimpant. On peut ensuite récolter leurs semences, les faire sécher à l’ombre et les conserver à l’abri de l’humidité et de la chaleur. On a ainsi des semences gratuites pour l’année suivante!

Attendre en fin de saison pour acheter des arbres et des arbustes permet de bénéficier de bons rabais. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les mois de septembre et octobre sont un bon moment pour la plantation. En fait, la croissance dans les années suivantes sera même meilleure que si on les plante au printemps, car ils n’auront pas à survivre à la sécheresse du premier été.

Finalement, il vaut mieux commencer petit pour s’assurer qu’on aime ça et éviter de trop dépenser pour rien.

Nathalie Côté
Suivez-moi

Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 17 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté
Suivez-moi

Les derniers articles par Nathalie Côté (tout voir)

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *