Couple et argent : comment éviter les disputes

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Les désaccords à propos de l’argent causent des conflits dans plusieurs couples. Des difficultés financières ou de nouvelles habitudes peuvent aussi engendrer ou aggraver des tensions. Comment conjuguer amour et budget?

 

 

 

 

 

 

Si l’argent provoque tant de problèmes, c’est que c’est loin d’être simplement mathématique. « Dans la formation d’un couple, il vient un moment où il y a une lutte de pouvoir, explique Nathalie Parent, psychologue, auteure et conférencière. L’argent fait partie de ce pouvoir-là. Si on arrive à passer à une autre étape, les tensions s’atténueront. Pour cela, il faut accepter les différences et trouver des compromis. »

De plus, chaque conjoint a une éducation, des valeurs et des expériences différentes par rapport à l’argent. « On doit axer sur ce qu’on a en commun et ce qui nous rapproche, recommande Mme Parent. À partir de ça, on peut établir un plan de match et voir comment on peut construire. Il suffit d’être créatifs! »

Partage équitable

Faut-il tout mettre en commun ou, à l’inverse, tout séparer? Pour trouver le partage des dépenses le mieux adapté à sa réalité, chaque couple devrait en discuter ouvertement. « La façon dont on procède, ça parle du couple, remarque Mme Parent. Ceux qui sont plus fusionnels tendent à tout mettre en commun, par exemple. Souvent, un seul des deux va s’occuper des finances. »

Cependant, mettre en commun certaines dépenses et laisser à chacun son indépendance avec un budget personnel est souvent plus simple. Cette méthode est aussi moins susceptible de générer des tensions, selon Mme Parent.

De plus, plusieurs spécialistes recommandent que chaque chacun contribue aux dépenses au prorata de son revenu. Ainsi, le conjoint dont le salaire représente 60 % du revenu familial pourrait payer 60 % des dépenses. Cela permet de prévenir l’appauvrissement du conjoint qui gagne moins.

« Cette méthode est beaucoup plus équitable, mais il faut trouver une solution qui convient aux deux, indique Mme Parent. Certaines personnes, pour leur valorisation et leur estime de soi, vont avoir besoin de payer autant que l’autre. Si c’est plus convenable pour elles ainsi, allons-y! Peut-être que le conjoint au revenu plus élevé pourrait payer plus de gâteries, par exemple. »

 

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Enfin, plus la situation financière du couple est claire pour les deux conjoints plus le risque de conflit diminue. Faire un budget peut être d’un grand secours. « Quand il y a un flou, on a tendance à projeter sur l’autre et à interpréter des choses, constate Mme Parent. Lorsqu’on établit un budget et qu’on voit les chiffres, on élimine les fausses perceptions. » C’est d’ailleurs ce qu’elle recommande aux couples qui ont des difficultés.

Nouvelles habitudes

Parfois, l’un des membres du couple peut changer sa vision du budget familial et de sa consommation. Il peut choisir de devenir minimaliste ou d’adopter la simplicité volontaire, par exemple. La personne qui a changé ses habitudes voudra alors convaincre son conjoint d’en faire autant. Des tensions peuvent alors naître s’il n’est pas intéressé par cette démarche.

« On peut se questionner sur les raisons pour lesquelles c’est si important que l’autre embarque, souligne Mme Parent. Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas accepter que nous ayons chacun nos intérêts? Accepter la différence, c’est un premier pas. »

Mettre continuellement de la pression sur son conjoint pour qu’il modifie ses habitudes est souvent contre-productif. « Généralement, les gens n’aiment pas être contrôlés, remarque Mme Parent. Dans ce cas-ci, le conjoint peut avoir l’impression de l’être. Souvent, quand la personne cesse de lui mettre de la pression, ça lui donne plus le goût d’aller vers elle. »

Cette ouverture est aussi bénéfique pour les enfants. « Quand les parents acceptent les différences et les forces de l’autre, ça apporte un meilleur équilibre à l’enfant », note-t-elle.

Nathalie Côté

Journaliste chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté

4 commentaires

  • Elisabeth Circe Cote

    Il y a un livre et un documentaire « Amour et argent » qui sera lancé le 11 février.

    • Nathalie Côté

      Bonjour,

      Oui, je suis au courant. Je dois d’ailleurs faire une entrevue à ce sujet cet après-midi et un texte sera publié la semaine prochaine!

  • Mel

    Bonjour,

    J’ai une question…. Jamais je ne trouve de suggestions pour les cas comme nous….

    Concernant le prorata du salaire…

    Je gagne plus cher que mon conjoint actuel avec qui j’ai une petite fille.

    Mais j’ai 2 ado/pré-ado d’une précédente union.

    Actuellement nous partageons les coûts du ménage 50% (hypothèque, câble, internet etc) mais je paie un peu plus pour épicerie pour compenser l’appétit de mes 2 ogres… À noter que je les ai une semaine sur deux.

    …. Comment on ajuste la situation?
    Je gagne plus, mais je paie aussi mon 50% des frais sur tout ce qui a trait aux enfants (précédente union) avec le papa…. Ne pas oublier (vêtements, école, cours, activités etc)…

    Parfois mon conjoint trouve plate que je gagne plus (pour le moment je rembourse une dette alors j’ai très peu de sous) lorsque cette dette sera payée je gagnerai encore plus…. Comment rendre le tout équitable? Et s’il y a rupture de l’union? Les activités que j’aurai payé
    (je paie pour moi, mes 2 gars. Exemple resto: je paie moi, mes 2 gars et ensuite le reste de la facture je la divise en 2 avec mon conjoint….. Genre)

    Est-ce que le fait que j’aie mes fils revue t un peu au même que si je payais au prorata? Merci!

    • Nathalie Côté

      Bonjour,

      En fait, il est difficile de savoir si cela revient au prorata sans connaître le montant des revenus et des dépenses. La première étape serait sans doute de faire un budget en compilant tous les revenus et dépenses (incluant les paiements pour les dettes et votre partie des dépenses pour vos propres enfants). Ensuite, vous pourrez mieux voir ce qui apparaît équitable pour chacun. Vous pouvez difficilement faire abstraction de vos responsabilités envers vos enfants, même s’il ne sont pas les siens. Un consultant budgétaire d’une organisation communautaire comme une ACEF pourrait sans doute vous aider à y voir plus clair.

      La question de la rupture est très importante. Si vous êtes mariés, les détails sont prévus dans le contrat de mariage. Sinon, vous auriez avantage à rédiger un contrat de vie commune. Le notaire pourra vous aider à prévoir tout ce qui doit l’être. Ce serait également important de penser au testament, si vous n’en avez pas. Vous trouverez également quelques conseils dans cet article sur les finances et la famille recomposée.