Finances personnelles à l’école secondaire : une nécessité

étudiantes

Chronique – Dès septembre prochain, un cours en finances personnelles obligatoire sera imposé aux élèves de cinquième secondaire. Enfin!

 

 

 

 

 

 

Je me réjouis de la décision du ministre de l’Éducation. Est-ce qu’il aurait dû consulter davantage les enseignants? Quelle matière faut-il amputer? L’échéancier est-il trop court? Faudrait-il revoir l’ensemble de la grille-matière? Je laisserai les spécialistes de l’éducation en débattre. Mais au-delà de ces considérations techniques, je demeure convaincue que ce cours est une nécessité.

Un exemple? La moitié des 18 à 29 ans ignorent qu’ils payent des intérêts en remboursant seulement le solde minimum de la carte de crédit, selon une étude réalisée par une professeure de l’Université Laval. C’est énorme pour un détail aussi important!

Finances 101

Certains commentaires lus et entendus au sujet du contenu du futur cours m’ont cependant fait sursauter. Selon certains, les enseignements devraient se concentrer davantage sur les grands principes économiques et leurs impacts sur la société que sur les finances personnelles. Vraiment?

Je n’ai rien contre le fait de parler de la mécanique des marchés financiers internationaux, des impacts de l’évasion fiscale ou des effets des politiques économiques gouvernementales, par exemple. En fait, ce sont des sujets très importants que nous devrions aborder davantage. Cependant, dans l’état actuel des choses, il me semble que cela revient à enseigner les grandes œuvres littéraires à des analphabètes.

Je ne suis pas enseignante, mais il me semble plus judicieux de commencer par la base. Apprendre à faire un budget, comprendre le crédit, s’initier à l’investissement et démystifier la fiscalité. Aller plus loin ensuite? Oui, bien sûr! Mais on ne peut rien construire sans fondations solides.

Un cours essentiel

Certains ont dit aussi qu’il vaudrait mieux adopter une approche transversale. Ainsi, chaque enseignant pourrait faire des liens entre sa matière et les finances personnelles. En théorie, c’est une excellente idée. En pratique, lorsqu’une matière est la responsabilité de tout le monde, à peu près personne ne s’en occupe. C’est humain. D’ailleurs, on voit ce que cette approche a donné avec l’éducation sexuelle. Les infections transmissibles sexuellement font un retour en force.

 

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D’autres jugent que cette responsabilité revient aux parents plutôt qu’à l’école. Dans un monde idéal, ceux-ci seraient davantage engagés dans l’éducation financière de leur progéniture. Je suis en faveur d’initier les enfants à la gestion des finances personnelles dès leur plus jeune âge. Mais les parents ont-ils tous la volonté et surtout le bagage nécessaire pour le faire? Les statistiques sur la littératie financière de l’Agence de consommation en matière financière permettent d’en douter. Et j’ai envie d’ajouter une fois de plus : on voit ce que ça a donné avec l’éducation sexuelle…

Est-ce que le cours proposé par le ministre peut être amélioré? Probablement. Mais ces notions sont trop importantes pour l’avenir de nos jeunes pour être négligées une fois de plus.

Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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