Zéro déchet : réduire sa poubelle et sa facture?

Laure Caillot zéro déchet

Acheter en vrac, apporter ses propres contenants à l’épicerie et choisir des couches lavables est certainement écologique. Adopter un mode de vie « zéro déchet » permet-il également de diminuer sa facture? Économies et cie en a discuté avec Laure Caillot, blogueuse à Tranches de Pimou(s).

 

 

 

 

Laure Caillot a commencé à réduire la taille de ses vidanges bien avant que Béa Johnson popularise l’expression « zéro déchet ». Le déclic a eu lieu en 2009, lorsqu’elle a quitté la Grèce pour Montréal. « Tout près de chez moi, un commerce proposait tous les produits d’entretien bio en vrac, raconte-t-elle. Pour moi, c’était une évidence d’aller là! On a commencé par des petites choses de ce genre. »

 

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Dans le même esprit, il était naturel pour elle d’adopter les couches lavables pour sa fille. Tout comme de participer avec enthousiasme au projet-pilote de compostage de son quartier. « Quand on a découvert le livre de Béa Johnson, on s’est rendu compte qu’on faisait déjà plusieurs choses sans avoir mis un mot dessus », indique-t-elle. Motivée par sa lecture, elle a décidé d’aller encore plus loin dans le « zéro déchet ».

Économique?

La protection de l’environnement est la motivation première de la Montréalaise d’adoption. Toutefois, avec le temps, elle a aussi constaté un effet bénéfique sur son portefeuille.

« Comparativement à la manière dont je faisais mon épicerie avant, je n’ai pas une grosse variation sur ma facture, note-t-elle. C’est plus ma manière de consommer différemment qui fait la différence. »

En cuisinant davantage, en réparant au lieu de remplacer et en achetant usagé, elle a notamment fait des économies appréciables. « On se demande plus si on en a vraiment besoin avant d’acheter quelque chose, explique-t-elle. L’année dernière, j’ai réalisé que j’avais mis environ 20 % de mon salaire de côté! »

Elle constate également que les produits sont souvent de meilleure qualité. « Les aliments sont bons, on en redécouvre, souligne-t-elle. Les abricots secs, par exemple, sont généralement fluo. Maintenant, ceux que j’achète sont marron parce qu’ils ne contiennent pas de colorant. Le goût est toutefois bien meilleur! »

Défis zéro déchet

Laure Caillot en convient, la présence d’épiceries et de commerces de produits en vrac dans son quartier a favorisé son mode de vie zéro déchet. « J’ai des collègues en région qui trouvent ça plus difficile », remarque-t-elle.

Le principal défi qu’elle doit encore relever est la litière du chat. « J’ai fait des vérifications auprès de la Ville et de mon vétérinaire, note-t-elle. Ce n’est vraiment pas compostable à cause des bactéries. » Jusqu’à maintenant, elle n’a jamais eu de réactions négatives dans des commerces « traditionnels » par rapport à ses contenants. « Souvent, les gens sont surpris, mais ils trouvent que c’est une bonne idée », constate-t-elle.

 

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Il faut dire qu’elle n’en fait pas non plus une obsession. « Nous travaillons et nous avons une petite fille alors nous sommes parfois épuisés, souligne-t-elle. Il m’arrive donc d’acheter du fromage et des pâtes emballées plutôt que de faire mon circuit habituel. J’ai appris à me connaître et à connaître mes limites. »

Pour elle, le secret pour tendre vers le zéro déchet est de faire un pas à la fois. « Il ne faut pas se mettre en tête de tout changer du jour au lendemain, recommande Mme Caillot. Il faut se faire confiance et admettre qu’il y a des choses qu’on est incapable de faire. » Il est d’ailleurs bon de se rappeler que le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Récemment, la blogueuse publiait justement un texte sur « les meilleurs échecs zéro déchet ».

Évidemment, difficile de clore cette entrevue sans lui demander des nouvelles de sa poubelle. Le contenant de 11 litres, le seul de la maison, a été vidé pour la dernière fois… le 20 décembre!

Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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