Investissement responsable : comment s’y retrouver?

investissement responsable

Vous souhaitez un REER sans pétrolières ou un CELI plus respectueux des droits de la personne? L’investissement responsable est pour vous! Cette option est de plus en plus populaire. Les investissements responsables dépassaient les 1500 milliards au Canada en 2015. Cependant, entre le marketing, les compromis et les réels efforts, il est souvent difficile de s’y retrouver.

 

 

 

 

Depuis 2006, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a mis de l’avant six principes pour l’investissement responsable (PRI). Au Québec, le Réseau PRI compte 44 membres. Ils sont convaincus de « l’importance d’intégrer les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à leurs pratiques d’investissement ». Cela ne signifie toutefois pas que tous les produits offerts par ces organisations sont responsables.

D’ailleurs, contrairement aux aliments biologiques par exemple, aucune certification n’existe pour les produits financiers responsables au Canada. Chaque entreprise a sa propre façon de voir les choses. « Certains fonds ont rejeté l’entreprise de logiciels CGI sur la base des exclusions militaires, illustre Brenda Plant, cofondatrice de la plateforme Éthiquette, site indépendant d’information et d’analyse sur l’investissement responsable. Pourtant, d’autres fonds qui excluent aussi les activités militaires l’acceptent. C’est parce qu’ils ont des définitions différentes. Certains fonds tournent le dos seulement aux entreprises de bombes et munitions. D’autres rejettent celles qui tirent plus de 10 % de leurs revenus de contrats avec des entreprises en armement. »

Quatre stratégies

Contrairement à une perception répandue, les investissements responsables ne se limitent pas aux entreprises ayant des comportements vertueux. En général, quatre stratégies guident le choix des institutions dans leurs choix au moment de créer un fonds responsable.

  • Il s’agit de retrancher les entreprises de certaines industries comme l’énergie nucléaire, le tabac, l’armement, etc.
  • Premiers de classe. « On peut choisir les entreprises les plus en avance pour les enjeux ESG », souligne Rosalie Vendette, conseillère principale, investissement responsable.
  • Engagement des actionnaires. Les gestionnaires de fonds utilisent l’argent investi comme moyen de pression pour influencer les comportements de l’entreprise. « On a des placements dans les secteurs énergétiques et miniers, par exemple, indique Mme Vendette. C’est davantage la différence qu’on peut faire qui est recherchée. »
  • Investissement à impact social. Il s’agit d’investir dans des entreprises à la recherche de solutions à des problèmes sociaux ou environnementaux.

Conseillers mal outillés

Malheureusement, plusieurs conseillers connaissent peu l’investissement responsable, déplore Mme Plant. « Je reçois tous les jours des courriels de gens qui me disent que leur conseiller ne pose jamais de questions à ce sujet ou les encourage à investir dans d’autres produits, raconte-t-elle. Plusieurs conseillers n’y connaissent rien et sont mal à l’aise. »

Elle consacre même une section de son site à la préparation à la rencontre avec le conseiller financier. Pour elle, les préoccupations environnementales et sociales devraient faire partie des questions posées par les conseillers au même titre que l’horizon de placement, par exemple.

Quelques pistes pour choisir

Pour dénicher les produits financiers reflétant ses valeurs, l’investisseur responsable devra souvent faire ses devoirs et éplucher la documentation. Et il n’est pas certain qu’il trouvera tous les détails qu’il recherche. « C’est difficile pour le citoyen moyen de trouver le temps d’analyser les compagnies, convient Yannick Prince, président du Club d’investissement responsable du Québec (CIRQ). Aucune loi ne force les compagnies à dévoiler des informations par rapport à la responsabilité sociale. »

La plateforme Éthiquette propose différents outils, dont des listes pour comparer les produits d’investissements comme les fonds communs de placement et les fonds négociés en bourse responsables. « Nous sommes en train de développer un autre organisme sans but lucratif, souligne Mme Plant. Il offrira d’autres outils pour aider les particuliers à investir en adéquation avec leurs valeurs et en offrant des formations en ligne. » Les détails devraient être annoncés dans quelques mois!

Rendements

Par ailleurs, plusieurs investisseurs croient, à tort, qu’ils devront sacrifier leurs rendements pour investir de manière responsable. « C’est un mythe répandu, note Mme Vendette. En fait, la plupart des produits responsables existants offrent des rendements comparables. Des études universitaires l’ont démontré. On peut aussi le voir dans l’historique des rendements des produits qui existent depuis longtemps. »

L’Association pour l’investissement responsable (AIR) abonde dans le même sens. « Dans le rapport Sustainable Investing de 2012, DB Climate Change Advisors ont consulté : 100 études universitaires, 56 rapports de recherche, deux rapports littéraires et quatre méta-études sur l’investissement responsable dans le monde. Leur analyse a montré que les facteurs ESG sont toujours en corrélation avec les rendements supérieurs ajustés en fonction des risques au niveau des valeurs mobilières ou de l’action. »

D’ailleurs, l’expérience du CIRQ semble prometteuse jusqu’à maintenant. L’organisme sans but lucratif, qui vise à favoriser l’apprentissage en matière d’investissement responsable, ne fait aucun compromis dans le choix de ses placements. « Nous analysons en profondeur les pratiques des compagnies pour déterminer si elles sont vraiment responsables », explique M. Prince. Le portefeuille de l’organisme comporte seulement cinq titres actuellement : Tesla, Savaria, Innergex, Interface et Manuvie. Rendement depuis l’achat du premier titre en mai 2015 : 48 %! C’est évidemment une période trop courte pour tirer une conclusion, mais l’aventure est intéressante!

Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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