Consommation : l’enfer c’est les autres

exaspération consommation

Améliorer ou maintenir de bonnes habitudes de consommation lorsque tout (et tout le monde) nous pousse à dépenser est un défi. Comment limiter la pression et faire en sorte que les autres respectent vos choix?

 

 

 

 

 

 

Au lendemain de Pâques, plusieurs parents ont déploré la quantité démesurée de chocolat et de petits jouets reçue par leurs enfants. Le blogue La parfaite maman cinglante a même publié une vidéo très populaire enjoignant l’entourage à arrêter de donner des bébelles. Il y a cependant des moyens moins spectaculaires de faire passer votre message.

Avant tout, la psychologue Nathalie Parent conseille d’oser parler sans juger ni tenter d’écraser l’autre personne.

Souvent, la réaction sera beaucoup moins négative qu’appréhendée. « Quand on veut briser ou modifier une tradition, comme le fameux échange de cadeaux à Noël par exemple, ça vient toucher à des valeurs, illustre Mme Parent. On pense que ça peut ébranler tout le monde. Mais ça se peut que personne n’ait osé le remettre en question et qu’il suffise qu’une personne parle pour que tous acquiescent. »

Pour éviter de trop bousculer les autres, elle suggère d’amener le sujet sous forme de question. Les autres pourraient être plus réceptifs que si vous lancez d’emblée vouloir changer les choses.

Même chose si vous préférez que vos enfants ne soient pas ensevelis de chocolat à Pâques. Évidemment, il est beaucoup plus facile de faire valoir son point de vue lorsque la relation est harmonieuse. « On peut prendre les grands-parents à part, par exemple, et leur demander s’il serait possible de réduire un peu la quantité, suggère Mme Parent. Parfois, on peut aussi passer par l’enfant en lui demandant s’il en a besoin autant que ça. L’humour peut aussi aider à faire passer les choses. Si les grands-parents s’entendent bien avec les parents, ils vont entendre que ça a dérangé. »

Si vous avez adopté le style de vie zéro déchet et que vous recevez des objets jetables, par exemple, vous pourriez simplement expliquer votre transition à votre entourage. « On peut expliquer nos valeurs sans jugement, exprimer là où on en est rendu, signale Mme Parent. L’autre personne n’a peut-être aucun point de repère et ignore ce que l’on vit. Dire les changements qu’on a apportés et nos valeurs lui permet de mieux comprendre. »

 

À lire également : Couple et argent : comment éviter les disputes?

 

Malheureusement, il se pourrait qu’une personne fasse la sourde oreille. C’est souvent le cas lorsque la relation est moins bonne. « C’est une situation délicate, convient Mme Parent. On peut dire à l’autre que l’on comprend sa position, mais que c’est important pour nous qu’il y ait un changement. Ensuite, on lui demande clairement ce qu’on peut faire ensemble. »

Si l’impasse perdure, vous devrez vous demander jusqu’où vous êtes prêts à aller. « Si on continue de se positionner et que cela met en péril la relation, il faut se demander si on est rendu là, souligne Mme Parent. Est-ce qu’on est rendu à prendre une distance parce que nos valeurs sont trop éloignées? »

Pression indirecte

Parfois, vous pouvez ressentir une pression plus indirecte. Par exemple, vous vous sentez mal que votre enfant n’apporte pas de cadeau à son enseignant en fin d’année. « Il faut se demander pourquoi on le fait, souligne Mme Parent. Si c’est pour les autres, ce n’est pas une bonne raison. Si on le fait parce qu’on a le goût et que ça fait plaisir à l’enfant, allons-y. »

 

Vous aimerez également: Consommer moins, mais mieux?

 

Il n’est pas nécessaire de dépenser une fortune pour autant. Le choix devrait correspondre à vos valeurs. « Qu’est-ce qui est important pour moi? Qu’est-ce que je veux transmettre à mes enfants : la quantité ou la pensée de remercier l’autre?, questionne-t-elle. Personne n’est obligé de donner de cadeau. Les enseignants ne remarquent pas quels élèves n’en donnent pas. Ou s’il y en a qui le remarquent, ils ne sont peut-être pas à leur place. Le but de l’enseignement, ce n’est pas d’attendre un cadeau. »

Sur les réseaux sociaux, regarder vos « amis » fréquenter les meilleurs restaurants ou faire des voyages magnifiques peut aussi inciter à devenir un « voisin gonflable ». « C’est nous qui embarquons dans cette pression-là, note Mme Parent. Nous pouvons choisir de ne pas le faire et nous ramener à nos propres besoins et valeurs. Le fameux voyage, est-ce que ça correspond à mes besoins? Est-ce que ça se peut que j’aie davantage besoin de me reposer chez moi? Nous choisissons nos comportements en fonction de cela. » Pour certains, limiter la consultation ou même se retirer des réseaux sociaux peut également être une solution.

Nathalie Côté
Suivez-moi

Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté
Suivez-moi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *