Faire rimer finances et romance

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Amour et argent ne font pas toujours bon ménage. Il est cependant plus facile d’en discuter quand les choses vont bien que lorsqu’un malheur survient. Voici quelques conseils d’experts pour les amoureux!

 

 

 

 

 

Payer selon son revenu

Plusieurs couples jugent qu’il est plus juste que chacun paie la moitié des dépenses, mais est-ce réellement équitable? Des revenus différents peuvent avoir des conséquences importantes sur la retraite des conjoints de fait s’ils se séparent, surtout si l’écart est grand. « Si les dépenses sont partagées 50-50, celui qui a le revenu le plus bas a moins la capacité d’épargner », souligne Guylaine Dufresne, directrice principale, investissement et planification financière, à la Banque Laurentienne. Pour éviter cette situation, il y a deux solutions. Les couples peuvent prévoir une compensation pour le conjoint dont le revenu est moins élevé (tout au long de l’union ou le temps de congés parentaux) dans un contrat de vie commune. Plus simple encore : payer les dépenses au pro rata du revenu de chacun.

Avoir une bonne assurance-invalidité

Le budget familial est habituellement concocté à partir des revenus des deux conjoints. Or, si l’un des deux n’a pas d’assurance-salaire et tombe malade ou invalide, cela met une forte pression sur l’autre, observe André Lacasse, planificateur financier aux Services financiers Lacasse. Avoir un fonds d’urgence est une excellente idée, mais cela ne pourra pas pallier le revenu manquant sur une longue période. Mieux vaut avoir également une bonne assurance-invalidité pour éviter d’ajouter des soucis financiers à ceux de santé. « Cela représente une bonne dépense chaque mois, convient M. Lacasse. Mais l’assurance protège jusqu’à 65 ans. »

Faire un testament

Contrairement à la croyance populaire, même les gens mariés ont intérêt à faire un testament. Sinon, advenant un décès, le conjoint survivant obtient sa part du patrimoine familial et uniquement les deux tiers du reste. « L’autre tiers ira aux parents du défunt ou, s’ils sont décédés, à ses frères et sœurs », précise Alissa El-Hachem, notaire fiscaliste. Si le couple a des enfants, le conjoint survivant ne reçoit alors qu’un tiers et le reste revient à leur progéniture. Or, si l’héritage d’un mineur dépasse 25 000 $, le parent survivant doit le gérer avec un conseil de famille et le Curateur public est impliqué, explique Mme El-Hachem. C’est loin d’être idéal!

Les conjoints de fait, eux, ne bénéficient d’aucune protection juridique. En cas de décès, ils devront démontrer, preuves à l’appui, qui est le propriétaire des biens s’ils n’ont pas de testament.

Conclure un contrat de vie commune

Les conjoints de fait auraient également tout intérêt à conclure un contrat de vie commune, car leur situation est plus complexe que pour les gens mariés en cas de séparation, note Alissa El-Hachem, notaire fiscaliste. En l’absence d’un contrat de vie commune, chacun doit présenter des factures pour démontrer quels biens lui appartiennent. Si elles sont perdues, il faut alors négocier et les émotions peuvent compliquer les choses. « C’est plus facile de prévoir le partage pendant qu’on s’entend bien », remarque Mme Dufresne. De plus, les conjoints de fait ne peuvent pas réclamer de pension alimentaire à leur ex, sauf pour les enfants.

Conserver des comptes personnels

Avoir un compte conjoint est bien utile pour payer l’hypothèque et l’épicerie. Les amoureux devraient cependant conserver aussi un compte personnel où seront déposés leurs revenus. « Si l’un des deux décède, le compte conjoint sera gelé, indique Mme Dufresne. C’est sûr qu’en allant à la banque, on va finir par régler ça. Mais ce n’est pas le moment, quand on vit un décès, de se retrouver dans une situation semblable en plus. »

 

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Planifier à deux

Effectuer une planification financière en couple peut notamment permettre de maximiser les économies d’impôt. « Si l’un des deux a un gros fonds de pension, il est peut-être mieux de cotiser au REER de son conjoint », donne en exemple Mme Dufresne. Ainsi, avant 65 ans, le couple pourra en tirer un revenu de retraite en étant moins imposé que si le montant provenait d’un seul des deux. S’il s’agit d’une union de fait, les conjoints doivent cependant être conscients que chacun repart avec son REER en cas de séparation!

… et seuls

De plus, étant donné que plusieurs unions se terminent par une séparation, il est prudent d’évaluer comment vous pourriez vous en sortir seul. « Le montant mensuel pour payer les dépenses n’est pas le même s’il y a deux loyers, deux autos, etc. Ça coûte moins cher de vivre à deux », souligne M. Lacasse. Il conseille donc aux gens d’en mettre un peu plus de côté. « Le pire qui peut arriver, c’est qu’ils vont en avoir trop. »

 

Nathalie Côté

Journaliste chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté