Les biens usagés devenus in!

vente de garage

Les biens usagés ont longtemps été le lot des moins riches et une source de gêne. Le vent a tourné et les objets de seconde main ont maintenant la cote même chez les gens aisés, montre la seconde édition de l’Indice Kijiji, un sondage réalisé auprès de près de 6000 Canadiens par l’Observatoire de la consommation responsable ESG UQAM.

 

 

 

En effet, 85% des Canadiens ont participé sous une forme ou une autre à l’économie de seconde main (ventes, achats, dons, échanges, location), dont 70% pour l’achat et la vente. Les consommateurs les plus avides sont les femmes de 18-44 ans vivant dans un ménage d’au moins quatre personnes et dont le revenu familial est de… 160 000 $ et plus! Le Québec demeure cependant la seconde province où les articles d’occasion sont les moins populaires. Mais les chercheurs ont constaté une augmentation notable depuis l’an dernier. La mode du vintage y est peut-être pour quelque chose…

« Les études dans les années 1980 et 1990 montraient une relation directe entre un faible pouvoir d’achat et les pratiques de seconde main, indique Fabien Durif, directeur de l’Observatoire de la consommation responsable. Ce lien n’existe plus aujourd’hui. Ce type de consommation n’est pas stigmatisée. Il n’y a plus de gêne, c’est une mode. » D’ailleurs, 25 % des transactions sont réalisées entre proches.

Peu de négociations

S’il reste un élément de gêne, c’est certainement du côté de la négociation. À peine 1 acheteur sur 5 a payé moins que le prix initial demandé par le vendeur.

« Pour moi qui suis d’origine française, c’est toute une surprise, indique M. Durif. C’est probablement un phénomène culturel. Je suis persuadé que si nous faisions la même étude dans des pays plus latins, nous aurions des réponses différentes. »

Les consommateurs auraient pourtant avantage à négocier. Plus de la moitié de ceux qui l’ont fait ont obtenu une réduction de 10 % à 25 %. Environ 6 % ont même réussi à faire fondre le prix de moitié!

Mais même sans négociations, le jeu en vaudrait la chandelle. Les consommateurs estiment que les objets usagés achetés sur des sites de petites annonces sont, en moyenne, moitié moins chers que les neufs.

Prix les plus avantageux :

  • Produits liés à la santé et à des besoins spéciaux (83 % d’économie)
  • Outils, quincaillerie et matériel de rénovation (74 % d’économie)
  • Articles de sport et de plein air (72 % d’économie)

En moyenne, chaque Canadien aurait économisé 480 $ en achetant des biens d’occasion plutôt que neufs.

Autre surprise : près de 2 vendeurs sur 3 avouent n’avoir fait aucune recherche pour fixer leur prix. « Pourtant, cela ne prend que quelques minutes pour le faire sur Internet », note M. Durif. Et les résultats semblent en valoir la peine. Les vendeurs n’ayant fait aucune recherche ont fait des gains moyens de 279 $ contre 579 $ pour ceux qui en ont fait.

Échanges et location : prochaines tendances

Environ 7 % des consommateurs participent à des échanges pour se départir ou acquérir de nouveaux biens. De plus, 15 % louent des objets et 7 % font la location de leurs choses. « Ce sont des pratiques émergentes qui progresseront, prévoit M. Durif. Ce sont des formes plus collaboratives et les offres vont se développer avec la création de nouvelles plateformes. »

Et vous, êtes-vous adepte des objets de seconde main?

Nathalie Côté

Journaliste chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté