Êtes-vous dans la… marge?

marge de crédit hypothécaire Monopoly

La marge de crédit hypothécaire a tout pour plaire avec son taux avantageux et sa grande flexibilité. Ces atouts peuvent toutefois constituer un piège si vous n’y prenez pas garde!

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’une marge de crédit hypothécaire?

Une marge de crédit hypothécaire est un prêt auquel vous avez accès en continu. Vous pouvez y recourir selon vos besoins. Vous payez des intérêts uniquement sur le montant utilisé. Votre maison est en garantie, c’est-à-dire que si vous n’êtes plus en mesure de payer, votre institution financière pourrait la reprendre.

Plusieurs formules existent. Certaines octroient une somme fixe. Avec d’autres, le montant disponible sur la marge augmente au fur et à mesure que vous remboursez votre hypothèque. Parfois, la marge est divisée en segments pour des usages particuliers. Souvent, elle est jumelée au compte bancaire.

Quels sont les avantages?

Taux d’intérêt avantageux. « On peut en avoir une à 3,2 %, note Denis Doucet, directeur de l’Académie Multi-Prêts. C’est un peu plus élevé que le taux hypothécaire. Mais beaucoup moins que la marge de crédit personnelle à 7 % ou 8 % ou encore que la carte de crédit à près de 20 %! »

Flexibilité. « Lorsque l’on fait des rénovations, par exemple, il est rare que l’estimation des coûts soit parfaitement précise, souligne M. Doucet. Si on emprunte trop peu, on peut devoir réemprunter. Si on demande un montant trop élevé, on paie des intérêts sur une somme dont on n’a pas besoin. » La marge de crédit hypothécaire permet d’éviter ces inconvénients.

– Peut servir de fonds de roulement. « La marge peut combler l’écart si l’échéance d’un compte est le 16 et que votre paye est déposée seulement le 18, par exemple, illustre Isabelle Thibeault, conseillère budgétaire à l’ACEF du Sud-Ouest de Montréal. Ça peut aussi permettre à un travailleur autonome de boucler son budget durant une période morte. »

– Permet de consolider ses dettes, c’est-à-dire de prendre toutes vos dettes coûteuses comme les cartes de crédit et de les réunir sur la marge de crédit hypothécaire pour bénéficier d’un meilleur taux.

Quels sont les pièges?

Facilité à s’endetter pour des dizaines de milliers de dollars. « Comme il n’y a pas de contraintes, on peut avoir tendance à rénover davantage, plus fréquemment et pour des montants plus importants par exemple », souligne Mme Thibeault. « C’est facile de s’en servir pour toutes sortes de dépenses de consommation », ajoute M. Doucet.

Retarder le paiement de votre maison. « Des gens dépensent tellement sur leur marge hypothécaire qu’ils se retrouvent au bout de 15 ans et qu’ils n’ont rien remboursé, leur dette est toujours aussi élevée », observe Mme Thibeault.

Perdre de vue vos moyens réels. « Souvent, la marge de crédit hypothécaire est liée au compte courant et les gens ne savent plus trop s’ils dépensent leur argent ou celui de la marge », constate Mme Thibeault. Certaines personnes ignorent combien elles peuvent dépenser chaque mois sans s’endetter. Elles ont l’impression de rembourser leur marge en déposant 300 $ dans le compte. Sauf qu’elles vont en dépenser 400 $ en suite, augmentant ainsi leur dette.

Payer un bien ou un service trop cher. Les intérêts sont peu élevés, mais ils s’accumulent néanmoins, surtout si vous remboursez sur 20 ans.

Comment utiliser la marge de crédit adéquatement?

Pour éviter les pièges, le meilleur moyen reste de faire un budget. « Ça fait années 1970 comme méthode, mais c’est toujours pertinent et peut-être même plus qu’avant, croit Mme Thibeault. Il y a davantage d’occasions de consommer. De plus, les produits de crédits se sont multipliés et leur utilisation s’est complexifiée. »

Cet exercice vous permettra de mesurer la marge de manœuvre financière dont vous disposez chaque mois et de dépenser en conséquence. « Les finances et l’achat d’une maison, c’est rempli d’émotions, souligne Mme Thibeault. Cela aide également à rationaliser tout ça. »

Elle recommande aussi aux consommateurs de poser toutes les questions qu’ils pourraient avoir. « Les gens se sentent parfois incompétents et n’osent pas le faire, constate-t-elle. Mais quand on s’engage pour des milliers de dollars, c’est légitime de vouloir comprendre. »

Dans la même veine, elle croit que les consommateurs devraient vérifier eux-mêmes combien ils peuvent payer pour leur maison (incluant les taxes municipales, l’entretien, etc.), plutôt que de se fier à leur institution financière. Le montant octroyé par celle-ci n’est pas nécessairement adéquat pour votre budget. Si vous avez de la difficulté à y parvenir, certaines ACEF offrent des formations sur l’accès à la propriété.

Nathalie Côté