CPG: un certificat de pauvreté garantie avec ça?

tirelire cochon cpg

Les certificats de placement garanti (CPG), vous connaissez? Les taux d’intérêt pour ces produits sont tellement bas ces dernières années que des conseillers les ont rebaptisés « certificat de pauvreté garantie ».

 

 

 

 

 

 

L’avantage des CPG, c’est que le capital est garanti. Aucun risque que vos économies s’envolent à la suite d’un soubresaut boursier. Mais en matière d’investissement, la trop grande prudence paie rarement. Par exemple, au moment d’écrire ces lignes, le CPG remboursable (qui vous permet d’encaisser votre argent en tout temps) offrait un taux d’à peine 0,65 % pour un an chez RBC. Pour 10 ans, c’est 1,85 %. Les autres institutions financières offrent des taux semblables.

Mieux que rien? À peine. L’indice des prix à la consommation (la variation des prix des biens et services) a varié entre 0,9 % et 2,9 % au cours des cinq dernières années. Bref, les prix grimpent plus vite que la valeur de vos placements. Conséquence : votre pouvoir d’achat diminue. Dans dix ans, vous pourrez acheter moins de choses avec votre argent que vous pourriez le faire aujourd’hui, malgré les intérêts versés. À court terme, la différence n’est pas majeure. Mais au bout de plusieurs années, c’est énorme!

Où mettre son argent alors?

D’autres produits financiers que les CPG peuvent convenir aux investisseurs très prudents. « Il existe de très bons fonds qui contiennent plus d’obligations et peu d’actions ou même aucune action », indique Marc Rousselle, représentant de courtier en épargne collective chez Excel Gestion Privée. Pensez toutefois à vérifier les frais de gestion qui viennent gruger votre épargne!

Pour un achat à court terme, comme un nouveau réfrigérateur ou un voyage, le compte épargne à taux d’intérêt élevé peut être une solution intéressante. « Le compte épargne de base rapporte 0,05 % dans la plupart des institutions financières, mais le compte à intérêts élevé peut aller jusqu’à 1,5 %, note M. Rousselle. Ça peut aussi être utile pour un fonds d’urgence. »

Être prudent ou non?

Si vous êtes jeunes et investissez pour votre retraite dans quelques dizaines d’années, être trop prudent peut coûter cher. Et c’est aussi probablement inutile. « Personne ne peut prévoir l’avenir, mais historiquement, sur une période de 20, 30 ou 40 ans, tout monte, souligne M. Rousselle. Les pertes de la crise de 2008 ont été rattrapées, par exemple. » De plus, l’investisseur a du temps devant lui pour rajuster le tir au besoin.

Par contre, plus le moment du retrait approche, plus la prudence s’impose. C’est vrai pour la retraite, mais également pour le décaissement du Régime enregistré épargne-étude (REEE) ou l’utilisation des REER pour le Régime d’accession à la propriété (RAP), par exemple.

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Attention! La situation de chaque personne est différente. Les conseils d’un professionnel peuvent être utiles pour établir votre tolérance au risque et choisir les produits financiers appropriés pour vous.

Nathalie Côté

Journaliste chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté