Robots-conseillers: est-ce pour vous?

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Confieriez-vous vos épargnes à un robot? De plus en plus d’investisseurs le font! Les robots-conseillers gèrent actuellement pour environ un milliard d’actifs au pays. Une petite part des 3600 milliards sur le marché de l’épargne, selon Jean-Alexandre Bernier, consultant de Pivot Strategy. Les experts s’attendent toutefois à voir les robots gagner énormément en popularité dans les prochaines années. Devriez-vous faire affaire avec eux?

 

 

Qu’est-ce qu’un robot-conseiller?

Non, R2-D2 et RoboCop ne se sont pas réorientés dans le monde de l’investissement! Les robots-conseillers sont en fait des outils informatiques. À l’aide de différentes questions, ils déterminent votre profil d’investisseur et vous proposent des placements en conséquence. Ceux-ci peuvent être faits dans un REER ou un CELI si vous le souhaitez.

Simples, les robots-conseillers ont été conçus pour être facilement utilisables même par des débutants. Cela dit, il est toujours possible d’appeler pour parler à un humain si nécessaire!

Nés aux États-Unis en 2010, les premiers robots-conseillers sont arrivés au Canada en 2014, a raconté M. Bernier lors du 4e colloque Retraite, investissement institutionnel et finances personnelles, à Québec la semaine dernière. Celui cumulant les plus grandes parts de marché est WealthSimple (en anglais seulement), mais il y en a d’autres. Parmi ceux offrant des services en français, on retrouve Portfolio IQ (Questrade), WealthBar, Tangerine, Portefeuille futé (BMO) et Investcube (Banque Nationale).

Quels sont les avantages des robots-conseillers?

Les frais des robots-conseillers sont peu élevés, soit entre 0,5 % et 1 %. C’est beaucoup moins qu’avec un conseiller traditionnel. De plus, la majorité ne nécessite pas d’investissement minimum. Cela permet à des gens ayant un petit budget d’investir alors qu’ils pourraient être refusés ailleurs. « La plupart des plateformes proposent une expérience client impeccable », constate Jean-Alexandre Bernier.

Généralement, votre argent est investi dans des fonds négociés en bourse. Il s’agit d’un fonds formé d’un ensemble de placements. Comme le nom l’indique, ceux-ci sont négociés en bourse. La plupart du temps, ils répliquent un indice, comme le TSX par exemple, et fluctuent donc de façon similaire. « C’est une approche passive, note M. Bernier. Ça fait longtemps que les approches passives ont prouvé leur force vis-à-vis celles plus actives. »

Quels sont les désavantages des robots-conseillers?

Ils ne sont évidemment pas en mesure de percevoir les non-dits, comme une hésitation. Ils ne peuvent pas non plus comprendre vos valeurs, souligne Jacinthe Collin, vice-présidente d’Assurances Eterna. Ils pourraient donc passer à côté de quelque chose d’important pour vous.

De plus, il y a d’autres éléments que l’investissement à considérer. Parmi ceux-ci : la succession, les assurances et la fiscalité, souligne Julie Raîche, vice-présidente de l’Institut québécois de la planification financière. Ainsi, vous auriez avantage à tout de même rencontrer un conseiller humain de temps à autre.

 

 

Finalement, le choix peut être plus limité qu’avec un conseiller ou un courtier à escompte où vous pouvez acheter des actions, des obligations et des fonds communs sur une plateforme de manière autonome. Avec le Portefeuille futé de BMO, par exemple, les investisseurs ont accès à cinq portefeuilles actuellement, explique Sabrina Della Fazia, gestionnaire à BMO Gestion de patrimoine. Certains pourraient donc rester sur leur faim.

Alors, avez-vous envie d’avoir un robot comme conseiller?

Nathalie Côté

Journaliste chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté