Maison verte imprimable en 3D : bientôt possible!

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Construire une maison verte avec une imprimante 3D pour la moitié du prix d’une résidence traditionnelle? C’est l’objectif ambitieux de Print our home. L’organisme sans but lucratif espère bâtir la première dès l’an prochain!

 

 

 

 

 

Le projet est  né en 2012. Tammy Mackenzie cherchait un moyen de construire une maison plus abordable et durable dans le cadre d’un projet en administration à l’Université McGill. Elle a déniché des solutions, mais c’est durant une convalescence que l’idée d’utiliser une immense imprimante 3D a germé.

« J’ai fait des recherches. Je n’avais pas grand-chose d’autre à faire, lance-t-elle en riant. C’est là que j’ai découvert que la technologie de l’impression 3D permettrait d’économiser davantage. »

Aujourd’hui, la directrice générale est entourée d’une vingtaine de personnes dans ce projet, des bénévoles pour la plupart.

Maison verte

L’équipe souhaite construire une maison solaire passive, c’est-à-dire qu’elle se chauffe grâce au soleil. « On sauve ainsi beaucoup d’énergie et le confort est amélioré », note Mme Mackenzie. Un solarium permettra notamment de faire pousser des légumes à l’intérieur.

La maison sera modulable et pourra donc s’ajuster aux besoins changeants d’une famille. « Si une personne seule rencontre un conjoint et décide d’avoir des enfants, on peut ramener la machine et ajouter des extensions, illustre Mme Mackenzie. Quand les enfants sont grands, ils peuvent même partir avec leur extension! Les matériaux sont réutilisables et recyclables, tout est standard. » De plus, ceux-ci sont le plus sains et durables possible.

Imprimable

Contrairement à d’autres projets, l’organisme ne développe pas un nouveau  béton à séchage rapide pour imprimer la maison entièrement. « Nous imprimons les formes, ce qui nous permet d’utiliser du béton recyclé et de la terre forcée. C’est sûr que technologiquement, c’est moins cool, concède Mme Mackenzie avec humour. Mais notre objectif est de construire de très bonnes maisons à bon coût. »

L’imprimante ne fera pas tout le travail. Au départ, elle pourrait faire la structure, l’isolant et la paroi. Les possibilités d’imprimer une foule d’autres choses sont toutefois grandes. Reste que l’intervention des humains demeure nécessaire. La présence d’un architecte est incontournable, comme celle du plombier et de l’électricien, par exemple.

Réduction des coûts

L’organisme a l’intention de réduire le coût de construction à 50 % d’une maison traditionnelle.

« Les changements à la façon de monter la structure permettent d’économiser 15 %, explique Mme Mackenzie. Le terrain en copropriété, comme dans un condo, entraîne une économie d’environ 20 %. Un terrain d’un acre peut être vendu 1 $ du pied carré. Mais si on achète 5 millions de pieds carrés, c’est peut-être 0,10 $ du pied carré. On sauve beaucoup. »

Finalement, 30 000 $ pris à même le budget de construction serviront à payer le futur propriétaire pendant six mois afin qu’il donne un coup de main. « Si quelqu’un ne peut pas prendre congé de son travail, par exemple, une autre personne peut le faire », précise Mme Mackenzie.

Maison-pilote

La première maison sera installée à Harrington, dans les Laurentides, sur un terrain commandité par Terra Perma. Il s’agira d’une mini-maison de 450 pieds carrés. La machine devrait toutefois être en mesure d’en construire jusqu’à 2000 pieds carrés.

L’organisme souhaite commander son imprimante en janvier afin de commencer la construction dès le printemps.

Financement

La machine nécessaire à la construction coûte environ 50 000 $. « Elle est vendue en code ouvert », précise Mme Mackenzie. Ainsi, l’organisme pourra la modifier selon ses besoins, mais devra partager ses innovations par la suite.

Mais avant, il doit réunir le financement évalué à 400 000 $ pour sa première année. Il mise notamment sur sa participation au Google Impact Challenge, un concours mis en place pour aider les organismes sans but lucratif innovateurs.

Si tout le développement technologique est assuré par un organisme sans but lucratif, Mme Mackenzie entend également créer une entreprise. « Nous voulons faire un développement résidentiel durable ensuite dans les Basses-Laurentides, ajoute Mme Mackenzie. Ce volet sera commercial. »

Nathalie Côté

Journaliste chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
Nathalie Côté