Marketing alimentaire trompeur?

enfant jus

Que se cache-t-il dans les collations destinées aux tout-petits ? Une étude de l’Association de la santé publique du Québec révèle que les produits destinés aux enfants de 6 à 24 mois cachent du sel, du sucre en plus d’avoir une valeur nutritive plutôt faible. Le marketing alimentaire est-il trompeur?

 

 

 

 

L’ASPQ a analysé 95 aliments retrouvés dans des supermarchés et des pharmacies de trois villes, Montréal (grand centre urbain), Trois-Rivières (centre urbain moyen) et Nicolet (milieu rural). Des quartiers de ces trois villes ont été sélectionnés selon leur « niveau de défavorisation élevé », c’est-à-dire des quartiers pauvres et où il y a davantage de gens qui ont le diabète de type 2 qu’ailleurs au Québec. Ainsi, Nicolet, Trois-Rivières (quartier Sainte-Cécile) et Montréal (arrondissement de Montréal-Nord) ont été visités. Les 95 aliments retenus pour l’analyse incluent des purées, des collations, des boissons, des repas complets et des céréales (sauf les céréales pour nourrissons).

Avec ou sans sucre ?

L’étude remarque que de nombreux produits ont du sucre ajouté alors qu’il y a mention « sans sucre ajouté » ou « contient seulement des sucres naturellement présents » sur l’emballage. C’est que le sucre est ajouté par de la purée, de la poudre ou du jus de fruit concentré. Or, cette pratique « ne contribue pas significativement à l’apport en fruits de l’enfant ». D’ailleurs, dans une chronique scientifique, Bruno Geoffroy parlait justement du Guide alimentaire canadien et des jus de fruits.

Christelle Fethière, chargée de projet à l’ASPQ, explique que le sucre ajouté augmente la préférence du goût sucré chez les bébés, ce qui a un impact sur les habitudes alimentaires pendant l’enfance et même à l’âge adulte. Selon elle, les produits pratiques en format prêt-à-manger sont davantage une stratégie marketing (qui fonctionne très bien). Ces produits ont une valeur nutritionnelle faible. « C’est pour une solution de dépannage quand les parents sont sur la route ou en vacances. Ça ne devrait pas être pour une consommation quotidienne. » Les biscuits, les soufflés, si parfaits pour les petites mains, sont donc à éviter dans le garde-manger.

L’étude recommande d’ailleurs aux parents de prendre le temps de lire la liste des ingrédients. Si le produit contient sucre, jus de canne à sucre, vesou évaporé, dextrose, fructose, concentré de jus de fruits parmi les trois premiers ingrédients, le produit contient du sucre ajouté en quantité importante. « Cette méthode sera encore plus fiable si Santé Canada applique la proposition de regrouper tous les sucres ajoutés d’un aliment dans un même ingrédient sous forme de parenthèse », ajoutent les auteurs.

Message publicitaire mensonger ?

L’ASPQ a également effectué un état de situation sur le marketing alimentaire des produits pour bébés. L’étude s’est penchée sur les stratégies utilisées par les entreprises pour attirer les parents, notamment les émotions, les allégations nutritionnelles et les emballages attrayants.

Bombardement d’informations publicitaires, temps et moyens financiers limités : des facteurs qui s’accumulent pour augmenter les difficultés des choix nutritifs lors des achats en épicerie. « La majorité des produits alimentaires qui font l’objet de publicité sont riches en gras, en sel et en sucre et ont des qualités nutritionnelles discutables », mentionne l’étude.

 

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L’étude rappelle que l’emballage d’un produit sert aussi de publicité. Lorsque des mots comme « Naturel », « Santé » ou « 100 % jus » se retrouvent sur l’emballage, ils sont rédigés par des entreprises qui souhaitent vendre leurs produits, et non par un organisme comme Santé Canada. « La présence de ces allégations n’est pas gage d’un produit sain. Les allégations nutritionnelles et de santé sur les produits ne sont pas synonymes de produits bons pour la santé et induisent souvent les consommateurs en erreur. »

Par exemple, sur une boîte de céréales bien connues, sucrées au goût de fruits, on retrouve l’apport en vitamine D et de fibres, alors que sa liste d’ingrédients débute… par du sucre.

Article tiré de Planète F.

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Un commentaire

  • 1011

    Merci pour votre article sur le marketing trompeur. Tout un programme !
    Plasticienne engagée, j’ai réalisé une série de dessins intitulée « Pouvoir d’achat ». Absurdité et cynisme des mots utilisés pour l’étiquetage des barquettes de viandes. Cette série de dessins aux crayons de couleur reprend mot pour mot les étiquettes des communicants de l’agroalimentaire. Affligeant comment les slogans font avaler n’importe quoi …

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/dessein.html