REER ou CELI dans la vingtaine?

Économies et cie

La moitié des 18 à 34 ans croient qu’ils auront un meilleur style de vie dans 10 ans, selon un sondage Léger Marketing réalisé pour Placement Mackenzie. Mais qu’en est-il de leur retraite? Une grande majorité n’a pas de plan.

 

 

 

 

 

À 25 ans, Félix Rousseau ne manque pas de projets. Il aimerait bien se lancer en affaires dans quelques années. En quoi? Ce n’est pas encore défini. Il rêve également d’un immeuble à revenus et il s’imagine bien fonder une famille avec sa copine un jour ou l’autre. La retraite? « C’est plutôt vague, je n’entrevois pas trop ma retraite », confie-t-il.

Il met néanmoins de l’argent de côté en attendant. Il a un fonds de pension d’un emploi précédent placé dans un REER, mais il investit principalement dans son CELI. « Avec le REER, j’économiserais de l’impôt, mais j’en paierais autant sinon plus à la retraite », note le blogueur à Félix s’attaque à la finance. Il songe à utiliser celui qu’il a déjà dans le cadre du régime d’accession à la propriété (RAP).

 

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À première vue, son analyse est sensée. « L’essentiel, ce n’est pas de contribuer au REER, c’est d’économiser pour la retraite, indique Karine Précourt, directrice planification fiscale et successorale chez Placements Mackenzie. Le CELI est plus flexible. Généralement, c’est avantageux pour les jeunes dont le revenu est plus faible, mais est susceptible d’augmenter dans les prochaines années. Quand les revenus augmentent, ils peuvent transférer progressivement les sommes du CELI dans le REER et économiser davantage d’impôt. » Ils récupèrent du même coup les droits de cotisation au CELI.

D’un autre côté, si M. Rousseau abandonne son emploi pour se lancer en affaires dans quelques années, le REER pourrait être avantageux. La première année, son revenu risque d’être bas. « Sur 10 000 $ investis, par exemple, il pourrait avoir 3700 $ de remboursement d’impôt, illustre Boyan Ivanov, planificateur financier chez BMO. S’il retire son REER et que cette année-là son revenu est de 20 000 $, son taux d’imposition va être bas. »

Faire un plan

Cela étant dit, lorsque les projets sont très flous, il demeure difficile de faire un plan. « Par souci professionnel, je pousse un petit peu pour que la personne se retrouve dans ses propres idées, note M. Ivanov. Je vais lui demander quel est le scénario le plus intéressant, le plus attrayant ou le plus probable. Puis on va essayer de trouver les thèmes communs pour commencer un plan. »

Sinon, le CELI est une bonne solution en attendant que la situation s’éclaircisse. Il sera toujours temps de le transférer dans un REER plus tard, ajoute M. Ivanov.

Le plus important, c’est de commencer tôt. « Même si c’est seulement quelques centaines de dollars par année, c’est déjà un premier pas », note Mme Précourt.

Le virement automatique peut notamment être une façon simple de se discipliner.

Au fur et à mesure que leur situation évolue, les jeunes devraient revoir leur plan pour s’assurer de demeurer sur la bonne voie. Dans le cas de M. Rousseau, par exemple, plusieurs stratégies pourraient être intéressantes s’il lance sa propre entreprise. « Il pourrait notamment mettre en place un régime de retraite individuel », souligne Mme Précourt.

Demander conseil?

D’ici là, échaudé après qu’un conseiller lui a suggéré de placer ses économies pour la retraite dans un certificat de placement garanti très peu payant, M. Rousseau a choisi d’investir par lui-même. Il a lu beaucoup de livres sur l’investissement et a aussi été séduit par les frais peu élevés.

 

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Pour plusieurs personnes, les conseils d’un professionnel sont toutefois nécessaires. « Notre sondage montre que les Canadiens qui ont eu recours à un conseiller connaissent mieux les produits financiers, indique Mme Précourt. Par exemple, 70 % savent qu’un fonds commun peut être détenu dans un REER contre 35 % pour ceux qui n’ont pas de conseiller. »

Article publié précédemment dans La Presse.

Nathalie Côté