Placements financiers : comment bien diversifier?

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Éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier est un conseil judicieux pour vos placements financiers. Mais encore faut-il choisir les bons paniers pour les répartir. Comment bien diversifier?

 

 

 

 

 

Avant de « répartir les œufs », vous devez déterminer la meilleure recette pour vous. Pour y arriver, un conseiller devrait établir votre profil d’investisseur. Pour avoir un portrait juste, il est primordial que vous compreniez bien les questions qu’il vous pose. En cas de doute, n’hésitez pas à lui demander des éclaircissements.

Ensuite, voici quelques pistes à explorer au moment de faire le choix de vos placements financiers.

Actions et obligations

La façon la plus connue de diversifier est la répartition des placements entre actions et obligations. Comment cela fonctionne? Les actions fluctuent en fonction des conditions économiques, alors que les obligations, elles, varient en fonction des taux d’intérêt. Comme elles ne le font pas simultanément, l’ensemble du portefeuille fluctue moins que chacune des composantes.

De nombreuses études montrent cependant que cette diversification ne suffit pas. « En général, quand l’un va monter, l’autre va baisser et vice versa, explique Jean-Philippe Tarte, professeur au département de finance de HEC Montréal. Sauf que lors d’un recul de l’économie ou d’une récession, les liens entre ces deux produits se resserrent. Ce sur quoi on comptait pour réduire le risque s’évapore. Le portefeuille recule alors parce que les deux catégories bougent ensemble. » D’où l’importance d’avoir aussi d’autres stratégies pour vos placements financiers!

Géographie

Vous le constatez régulièrement dans les nouvelles internationales, la situation économique varie d’un pays à l’autre. C’est aussi le cas pour la monnaie et les entreprises qui s’y trouvent.

« Les actions des entreprises de différents pays ne fluctueront pas de la même manière, ni en même temps, ni avec la même amplitude, souligne Jean Dupriez, planificateur financier chez Valimax Édival. À long terme, si le portefeuille est bien diversifié géographiquement parlant, les actions qui montent compensent pour les baisses des autres et le portefeuille fluctue moins. »

Mais attention, cet ingrédient est moins important qu’il l’a déjà été. « Des études ont démontré que ce facteur de diversification est moins efficace qu’avant », souligne M. Tarte. Les pays s’influencent plus les uns les autres et ont davantage tendance à varier de la même façon qu’auparavant.

Pourquoi? Dans le passé, les grandes entreprises avaient plutôt tendance à agir dans différents secteurs d’activité d’un même pays. Maintenant, elles vont davantage se concentrer sur un type de produit et à le vendre partout dans le monde.

Secteurs d’activité

Diversifier ses placements financiers par secteur d’activité est donc une bonne option. Les activités d’une entreprise ont une influence directe sur la fluctuation de ses actions. Par exemple, les bénéfices des supermarchés tendent à être constants, puisque tout le monde mange chaque jour. Un concepteur d’avion, lui, peut voir son action chuter de manière importante s’il y a un pépin dans le développement d’un appareil, illustre M. Dupriez. Avoir différents types d’industries dans un portefeuille permet donc de diminuer le risque.

Ce type de diversification a d’ailleurs gagné en importance. « Au cours des trois dernières années, le secteur de l’énergie et des matériaux en a pris pour son rhume, souligne M. Tarte. Celui des nouvelles technologies s’est très bien porté durant la même période. Un investisseur qui aurait diversifié ses actions selon le secteur d’activité plutôt que la géographie aurait réduit le risque davantage. C’est une diversification plus avantageuse maintenant. »

 

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Taille des entreprises

La valeur des petites et moyennes entreprises fluctue davantage et plus fortement que celle des grandes. La diversification permet, encore une fois, de réduire le risque. L’investisseur peut profiter d’une hausse importante de la valeur d’une petite entreprise, par exemple, mais être moins exposé à une baisse en ayant aussi des actions d’une plus grande.

« Après 30 ans, les actions des grandes compagnies donnent le même résultat que celles des petites compagnies ou des secteurs technologiques spécialisés, mais avec moins de fluctuation », constate cependant M. Dupriez.

Actifs alternatifs

Diversifier avec des catégories d’actifs alternatives est la tendance lourde des dernières années. « Au départ, elles étaient essentiellement réservées aux investisseurs institutionnels, comme les régimes de retraite ou les compagnies d’assurance, note M. Tarte. Maintenant, elles font de plus en plus leur chemin vers les investisseurs individuels. »

Il y a quatre grandes catégories : les fonds de couverture (hedge funds), les produits de base, l’immobilier et l’investissement privé (entreprises non cotées en Bourse).

La manière dont fluctuent ces catégories d’actif par rapport aux catégories traditionnelles est plus intéressante, selon M. Tarte. « Cela va réduire globalement le risque du portefeuille, explique-t-il. L’immobilier, par exemple, offre une très bonne protection contre l’inflation, ce que les actions et les obligations font moins bien. »

Diversifier ou s’éparpiller?

Diversifier, cela ne signifie pas d’avoir des placements financiers différentes institutions. Vous pourriez vous retrouver à investir dans des produits semblables à chaque endroit. Sans compter que votre conseiller perd la vue d’ensemble sur vos placements.

De plus, multiplier le nombre de fonds ou de titres à outrance est une mauvaise stratégie, croit M. Dupriez. « En limitant le nombre de titres, le gestionnaire peut choisir les meilleurs, souligne-t-il. Plus on en met, moins on ira chercher de qualité. »

« Certains fonds d’actions canadiennes ont plus d’une centaine de titres », note M. Tarte. Dans ce cas, le rendement du fonds va fluctuer de façon très semblable à l’indice boursier. Un fonds négocié en bourse qui réplique l’indice serait alors plus intéressant, puisque les frais sont moins élevés pour un résultat semblable.

Version adaptée d’un article publié précédemment dans le magazine Conseiller.

Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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