Régime d’épargne-actions : donner le goût du risque aux Québécois

Daniel Paillé RÉA

Partenaire — Si de nombreux Québécois investissent à la bourse aujourd’hui, c’est en grande partie en raison du Régime d’épargne-actions (RÉA) mis sur pied en 1979. Ce programme a aussi permis à plusieurs grands acteurs du Québec inc. Comme Jean Coutu, Cogeco, Couche-Tard et Métro de se tailler une place enviable dans le monde des affaires.

« À l’époque, les Québécois qui épargnaient détenaient surtout des obligations, a rappelé l’économiste Daniel Paillé, dans une conférence de la Fondation pour les consommateurs la semaine dernière. Ils avaient des obligations municipales, des obligations d’épargne du Québec et des obligations d’épargne du Canada. Quand on était un peu “risqueux”, on avait des obligations scolaires. Être propriétaire d’un titre d’entreprise ou pire, d’actions transigées à la Bourse, ce n’était pas dans notre ADN. »

Dans le cadre du RÉA, les Québécois pouvaient déduire de leur revenu 100 % du prix d’achat des actions d’entreprises québécoises. Ils pouvaient ainsi déduire jusqu’à 20 % du revenu gagné jusqu’à un maximum de 15 000 $. C’était particulièrement avantageux pour réduire ses impôts!

Le succès n’a cependant pas été immédiat. Les Québécois devaient apprivoiser l’investissement. Mais le programme a finalement apporté des résultats fort intéressants. À son apogée, en 1985, 156 000 épargnants québécois ont investi 700 millions $.

La mort du RÉA

Au fil des ans, le programme s’est toutefois complexifié. « On a tellement allongé la sauce qu’elle est devenue indigeste », estime M. Paillé. Il a d’ailleurs fini par être abandonné en 2003. Le gouvernement a bien essayé de relancer le programme avec une nouvelle formule quelques années plus tard, mais sans grand succès.

N’empêche que pendant des années, le RÉA a permis aux Québécois de s’initier à l’investissement et à plusieurs entreprises québécoises de prendre leur envol.

Le RÉA pourrait-il (et surtout devrait-il) renaître de ses cendres? Daniel Paillé émet de sérieux doutes à ce sujet, puisque la situation a beaucoup changé. « Le RÉA de 1979 n’est pas la bonne réponse aux défis de 2017, juge-t-il. Sa place est maintenant dans les livres d’histoire. »

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