Hausse des taux d’intérêt : qu’est-ce qu’on fait?

taux d'intérêt hypothèque

Les experts nous avaient prévenus : les taux d’intérêt ont amorcé leur augmentation. Quel sera l’impact sur vos finances? Petit tour d’horizon de la situation.

 

 

 

 

 

 

Pourquoi les taux d’intérêt montent-ils?

Les taux d’intérêt des marges de crédit et des hypothèques à taux variable sont fixés en suivant le taux directeur de la Banque du Canada. Celle-ci choisit de le hausser (ou non) en fonction de la situation économique au pays. Lorsque l’économie se porte bien, elle peut choisir d’augmenter son taux directeur pour limiter l’inflation (la hausse des prix) par exemple.

Plusieurs analystes s’attendent à une augmentation du taux directeur cette semaine. « Les conditions semblent aussi réunies pour au moins une autre hausse durant l’année », souligne M. Doucet. Il ajoute cependant que d’autres facteurs pourraient changer le portrait. Pensons aux négociations au sujet de l’ALENA (traité de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique) et la situation avec la Corée du Nord, par exemple.

Les choses sont un peu différentes pour les hypothèques à taux fixe. « Leur taux d’intérêt est influencé par le taux des obligations d’épargne du Canada et non pas par le taux directeur, explique M. Doucet. Le taux des obligations varie selon plusieurs indicateurs comme le taux de change et le taux de chômage, par exemple. Par contre, quand le taux directeur augmente, les taux obligataires suivent souvent peu de temps après. »

D’ailleurs, plusieurs institutions financières ont haussé de 0,15 % de leur taux fixe de 5 ans la semaine dernière.

À quel point la hausse des taux d’intérêt sera-t-elle élevée?

Évidemment, personne n’a de boule de cristal pour prédire l’évolution de la situation économique et des taux d’intérêt. Cependant, M. Doucet se fait rassurant. Des taux d’intérêt à 20 % comme cela a existé dans les années 1980 ou même à 10 % comme dans les années 1990 sont totalement improbables à court terme.

« Les taux pour 5 ans sont encore autour de 3 % à 3,3 % environ, précise-t-il. Depuis 2008, les taux d’intérêt sont historiquement bas. » Ils ne grimperont pas fortement à court terme. Une personne qui renouvellera son hypothèque à taux fixe prochainement pourrait peut-être assister à une augmentation de 0,25 % ou 0,50 %, avance M. Doucet.

Comment la hausse des taux d’intérêt vous touchera-t-elle personnellement?

Cela dépend de votre situation, bien entendu. Si vous avez une marge de crédit ou une hypothèque à taux variable, votre taux grimpera dès que la Banque du Canada augmentera son taux directeur.

Mais l’effet varie d’une personne à l’autre. « Lorsque l’amortissement est de 10 ans et moins, la plus grosse partie du paiement va au remboursement du capital et non au paiement des intérêts, souligne M. Doucet. La hausse des taux d’intérêt n’a donc pas d’effet significatif sur les paiements. Pour ceux qui commencent à rembourser leur hypothèque, la part du paiement consacré aux intérêts est beaucoup plus importante. La hausse a alors un effet plus grand. »

Si vous avez une hypothèque à taux fixe, vos paiements ne changeront pas pour la durée de votre contrat. C’est plutôt au moment du renouvellement de votre hypothèque que vous verrez la différence.

Que faire pour limiter les dégâts de la hausse des taux d’intérêt?

Dans le cas d’une marge de crédit ou d’une hypothèque à taux variable, commencez par vérifier l’impact. Votre conseiller peut vous aider. « Parfois, des clients nerveux nous appellent, raconte M. Doucet. En faisant le calcul, on découvre que la différence est minime, seulement quelques dollars par mois. »

Si la perspective de la hausse des taux vous empêche de dormir, vous pourriez vous tourner vers un taux fixe. Sachez cependant qu’il y aura probablement une pénalité correspondant à trois mois d’intérêt à payer pour rompre votre contrat. Le taux fixe sera aussi un peu plus élevé que le taux variable actuel.

Si votre hypothèque à taux fixe arrive à échéance sous peu, vous pouvez communiquer avec votre institution financière. « La plupart des institutions sont prêtes à considérer un renouvellement anticipé sans pénalité quatre à cinq mois avant l’échéance », indique M. Doucet.

Vous pouvez aussi magasiner auprès d’autres institutions. Plusieurs d’entre elles peuvent vous « geler un taux » plusieurs semaines à l’avance.

Attention! Il y aura une importante pénalité à payer pour rompre votre contrat pour en prendre un nouveau s’il reste beaucoup de temps avant votre échéance. Ce n’est habituellement pas avantageux de le faire.

Pour votre prochaine hypothèque : taux variable ou taux fixe?

« Avec un taux fixe, on s’achète une sécurité, note M. Doucet. Avec un taux variable, on prend le risque qu’il augmente ou diminue. Sur un historique de 25 ans, un taux variable coûte moins cher en intérêt qu’un taux fixe. Mais je pense que la réflexion doit plutôt se faire en fonction du budget et du degré de risque acceptable pour la personne. »

Si vous souhaitez économiser sur les frais d’intérêt sans trop vous inquiéter de la variation des taux, il propose deux stratégies :

  • Prendre un taux variable, mais effectuer des paiements plus élevés que nécessaire. « Les gens peuvent renouveler avec un taux variable, mais rembourser le montant qu’ils auraient payé s’ils avaient choisi un taux fixe, explique M. Doucet. L’excédent payé va sur le capital, donc ils remboursent leur prêt plus rapidement. S’il y a une hausse, c’est juste un peu moins de capital qui se rembourse, mais le paiement demeure inchangé. » Un bon moment peut passer avant que le taux variable grimpe assez pour entraîner une augmentation du paiement mensuel.
  • Choisir un taux fixe pour un terme plus court. « On peut choisir un terme de trois ans plutôt que de cinq ans, illustre-t-il. Le taux d’intérêt sera moins élevé. »

 

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Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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