Objets usagés : une stratégie payante, mais sous-utilisée

Vous aimeriez vous payer un billet de saison pour les Canadiens ou 311 poutines chez Valentine? Vous pourriez accumuler la somme nécessaire en faisant le ménage de vos armoires et en vous procurant des objets usagés!

 

 

 

 

 

 

Les consommateurs canadiens ont gagné 1134 $ en moyenne en vendant différents biens l’an dernier. De plus, ils estiment avoir économisé 825 $ en moyenne en se procurant des objets usagés plutôt que neufs, selon l’Indice Kijiji de l’économie de seconde main. Le sondage a été réalisé auprès de 5 752 répondants l’automne dernier.

« Les consommateurs s’intéressent davantage à certains biens de seconde main, car ils perçoivent qu’ils vont faire de meilleures économies, constate Fabien Durif, coauteur de l’étude et directeur de l’Observatoire de la consommation responsable. Les voitures et autres véhicules motorisés, les objets de divertissement et les meubles sont parmi les plus populaires. »

Plusieurs consommateurs alternent entre les marchés du neuf et de l’usagé. « Ils regardent d’abord si l’objet est disponible d’occasion et sinon ils se tournent vers le neuf. Quoiqu’il arrive, ils vont acheter », croit M. Durif.

Le Québec traîne de la patte

Malgré les avantages financiers, les Québécois ont donné, échangé, vendu et acheté moins de biens usagés que la moyenne canadienne. Avec 63 objets par personne en 2017, ils se retrouvent à l’avant-dernier rang devant les Maritimes (60 objets). En tête de liste, on retrouve les Ontariens avec 92 biens usagés.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette situation. L’une d’entre elles est que les Québécois seraient moins enclins à en faire un revenu d’appoint. Les participants intensifs à l’économie de seconde main sont moins nombreux dans la province qu’ailleurs. « Certaines personnes sont presque des professionnels, souligne M. Durif. Lorsque l’on regarde les 10 % qui échangent très intensément, on est au-delà de 500 biens par an. Ils disposent d’un espace de stockage chez eux. On pourrait supposer qu’ils en font un revenu d’appoint. C’est quelque chose que l’on voit moins au Québec. »

Montréal : l’exception

Paradoxalement, Montréal est la grande ville canadienne où l’acquisition et le délaissement d’objets usagés médians sont les plus grands. Cela reflète peut-être sa composition démographique. « La diversité multiculturelle amène une augmentation de l’intensité des pratiques de seconde main », constate M. Durif. Il entend d’ailleurs creuser davantage la question l’an prochain.

S’inspirer des vêtements

Pour donner une seconde vie à un plus grand nombre d’objets, il y aurait peut-être lieu de s’inspirer de l’industrie des vêtements usagés. C’est la catégorie où le nombre d’objets acquis et délaissés est le plus grand.

Cela est en partie attribuable à la quantité de vêtements achetés dont les consommateurs se lassent rapidement. Mais la présence de nombreux magasins de vêtements usagés, tant commerciaux que sans but lucratif, et la facilité de faire des dons comptent aussi pour beaucoup.

« C’est vraiment en raison des dons que les vêtements et accessoires se retrouvent en première position, indique M. Durif. Plusieurs nouveaux modèles d’affaires se sont développés et les anciens se sont modernisés. Les gens ont pris le réflexe de donner rapidement. Les boîtes de dons ne sont pas à tous les coins de rue, mais elles sont très nombreuses. C’est moins vrai pour les appareils électroniques, par exemple. »

Cela étant dit, ce système est loin de régler le problème environnemental lié à la surconsommation de vêtements. Dans cette catégorie, le nombre de biens délaissés représente plus du double du nombre de biens acquis. « Il y a énormément de fast fashion, note M. Durif. Il faut pousser un peu plus loin la réflexion des consommateurs quant à l’acquisition. »

 

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Article mis à jour le 28 février 2018.

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Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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2 commentaires

  • Alex

    Ici on a le concept Buy Nothing: un groupe ou on affiche nos articles à donner, dans notre voisinage direct (environ quelques patés de maison seulement), et on décide a qui donner si l’intéret est grand. On y trouve du vêtement pour enfants aux électroménagers. J’ai même vu des tapis roulants et des machines à espresso être donnés à un nouveau propriétaire. J’ai eu de très beaux articles qui étaient sur ma bucket list pour mon déplacement pour le recueillir seulement et en très bon état. J’adore cela!

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