Famille monoparentale : protéger ses finances

famille monoparentale

En général, une famille monoparentale a des revenus inférieurs aux autres, selon les statistiques. Mais leurs responsabilités financières ne sont pas moins grandes pour autant! Voici quelques conseils pour protéger les finances de votre famille.

 

 

 

 

 

Le fonds d’urgence

Les imprévus peuvent peser lourd dans le budget de votre famille si vous êtes seul pour payer les factures. En cas d’arrêt de travail, à la suite d’une maladie ou d’un accident par exemple, le seul salaire de la famille se retrouve amputé. Vous auriez donc intérêt à constituer un fonds d’urgence correspondant à au moins trois mois de dépenses courantes.

« On peut placer cette somme dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) afin qu’elle croisse à l’abri de l’impôt, tout en demeurant accessible, recommande Hadi Ajab, planificateur financier au Centre financier Carrefour. En attendant d’amasser l’argent nécessaire, le client pourrait aussi avoir recours à une marge de crédit. » À utiliser en cas d’urgence uniquement, évidemment!

Assurances

Le fonds d’urgence est cependant insuffisant pour prévenir tous les aléas de la vie. D’où l’importance de vérifier votre couverture d’assurance.

Comme tous les parents, le chef de famille monoparentale devrait prévoir une assurance vie. Elle vous permettra d’assurer l’avenir financier de vos enfants au moins jusqu’à leur majorité en cas de décès.

« Un ami de mon petit-fils, âgé de 12 ans, a récemment perdu sa mère monoparentale dans un accident. L’assurance vie a été très importante pour que son tuteur puisse le faire vivre », souligne Hélène Marquis, directrice régionale planification fiscale et successorale chez Gestion privée de patrimoine CIBC.

L’assurance invalidité est également importante, surtout si vous n’en possédez pas déjà une au travail. « La santé de la personne constitue son actif le plus précieux. Elle permet de générer un revenu », rappelle M. Ajab.

Dans la même optique, l’assurance maladie grave est aussi une bonne idée. « Son grand avantage, c’est qu’on reçoit une somme globale nette d’impôt après le diagnostic d’une maladie prévue au contrat, souligne Hélène Marquis. L’argent peut servir à des soins médicaux, à éviter les problèmes financiers, etc. »

Vous pourriez aussi souscrire une assurance maladie grave pour vos enfants. « Ce peut être très utile si le parent doit s’absenter du travail pour s’occuper de son petit gravement malade », note M. Ajab.

Évidemment, ces assurances sont coûteuses et le budget de votre famille monoparentale est probablement limité. Vous pourriez choisir une couverture moins importante que vous pourrez augmenter ensuite quand vous aurez la marge de manœuvre nécessaire. Pour les enfants, il est souvent possible d’ajouter un avenant à la police du parent pour les couvrir. C’est une solution moins coûteuse que de souscrire une assurance individuelle pour eux.

Testament et mandat d’inaptitude

Vous auriez également intérêt à faire rédiger votre testament et votre mandat d’inaptitude.

Évidemment, à moins que l’autre parent soit inconnu, décédé ou qu’un juge lui ait retiré des droits, celui-ci s’occupera des enfants en cas de problème. Sinon, vous pouvez nommer quelqu’un pour le faire.

Par contre, les biens légués aux enfants peuvent être gérés par un ou des tuteurs nommés dans le testament. « En l’absence de désignation d’un tuteur, l’autre parent gère l’héritage le temps que les enfants deviennent majeurs, précise M. Ajab. Créer une fiducie testamentaire peut aussi être une option pour assurer un contrôle sur l’utilisation, la gestion et la distribution des biens. On peut donner des instructions particulières, comme payer tous les frais de subsistance des enfants pendant leurs études, par exemple. »

Quant au mandat d’inaptitude, vous pourrez y désigner une ou des personnes pour s’occuper de vos biens, de vos soins et de vos enfants (si l’autre parent ne peut le faire).

Idéalement, ces documents devraient être notariés, car ils sont alors moins facilement contestables. Il est aussi possible d’en obtenir facilement une copie au besoin. Si le coût est un problème, sachez toutefois qu’un document non notarié est aussi valable légalement.

Épargner

Pour mettre de l’argent de côté de façon optimale, plusieurs produits peuvent convenir à une famille monoparentale. « Le parent a droit à plusieurs avantages fiscaux, souligne Mme Marquis. Il est important que le niveau de revenu ne vienne pas les gruger. »

Vous devriez donc vérifier l’impact d’une variation du revenu sur certains programmes comme l’Allocation canadienne pour enfants et la contribution additionnelle pour frais de garde, par exemple. « Les courbes de Claude Laferrière, disponibles sur le site web du Centre québécois de formation en fiscalité, sont un bon outil pour voir les pertes que peut engendrer un salaire plus élevé », signale Mme Marquis.

Dans certains cas, le régime enregistré d’épargne retraite (REER) peut donc s’avérer un outil avantageux afin de réduire le revenu imposable. Pour d’autres, le CELI sera un meilleur outil afin d’épargner pour la retraite. « Le CELI a aussi l’avantage d’être plus flexible et l’argent accumulé peut toujours être versé plus tard dans le REER si le revenu augmente, par exemple », note Karine Précourt, directrice planification fiscale et successorale à Placements Mackenzie.

En raison des généreuses subventions qu’il offre, le régime enregistré d’épargne études (REEE) est aussi très intéressant pour une famille monoparentale. « Une personne avec un revenu annuel inférieur à 42 390 $ peut accumuler jusqu’à 12 800 $ de subventions par enfant, dont 2000 $ sans cotiser elle-même, souligne M. Ajab. Ce sont des montants importants. »

« Le régime enregistré d’épargne invalidité (REEI) offre aussi des subventions très intéressantes pour les enfants handicapés », ajoute Mme Précourt. Elles peuvent s’élever jusqu’à 300 % du montant investi!

Aides gouvernementales

Finalement, plusieurs aides gouvernementales sont offertes aux familles monoparentales. Assurez-vous de bénéficier de celles applicables à votre situation.

En voici quelques-unes :

  • Montant pour personne vivant seule, un crédit d’impôt non remboursable du gouvernement du Québec
  • Montant pour personne à charge, provenant du gouvernement fédéral
  • Montant pour enfant mineur aux études postsecondaires et montant transféré par un enfant majeur aux études postsecondaires
  • Allocation canadienne pour enfants
  • Paiement de soutien aux enfants, versé par le gouvernement québécois
  • La pension alimentaire pour l’ex-conjoint est imposable pour le bénéficiaire (déductible pour le payeur), mais pas celle pour les enfants (non déductible pour le payeur)
  • Les frais juridiques pour recouvrer une pension alimentaire sont déductibles d’impôt
  • Crédit d’impôt et déduction pour frais de garde d’enfants
  • Crédit d’impôt provincial pour activités des enfants
  • Prime au travail du gouvernement québécois
  • Crédit pour la TPS/TVH
  • Crédit d’impôt pour solidarité

N’hésitez pas à consulter un conseiller afin de vous aider et obtenir des conseils personnalisés.

Version adaptée d’un article publié dans Conseiller.

Nathalie Côté