Finances : pourquoi est-ce plus difficile pour les femmes?

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Une Québécoise ne pouvait posséder un compte bancaire à son nom avant février 1964. Les choses ont bien changé depuis, mais plusieurs obstacles demeurent. Plusieurs d’entre eux ont été évoqués dans le cadre du colloque Femmes en finances, récemment. En voici dix.

 

 

 

 

Revenus moins élevés

En moyenne, les femmes ont un revenu inférieur de 18 % à celui des hommes au Québec encore aujourd’hui. Cela s’explique entre autres par le fait qu’elles sont moins nombreuses à oser négocier leur salaire. Elles sont également moins nombreuses dans les postes de haute direction. Plusieurs se retrouvent aussi dans une situation précaire pour leurs vieux jours. À l’échelle mondiale, l’épargne pour la retraite des femmes est de 30 % à 40 % inférieure en moyenne à celle des hommes.

L’égalité à tout prix

Dans plusieurs couples, les dépenses sont partagées moitié-moitié. Cela peut convenir lorsque les deux conjoints ont des revenus semblables. Sinon, le conjoint au salaire le moins élevé s’appauvrit. Cette situation peut toucher des hommes, bien sûr, mais comme les femmes ont des revenus moins élevés en moyenne… Mieux vaudrait viser l’équité que l’égalité.

Qui paie quoi?

Traditionnellement, les femmes paient les vêtements, les dépenses des enfants et l’épicerie. Les hommes s’occupent davantage des gros achats comme la maison ou les meubles. Ce n’est pas un problème si vous êtes mariés, avez un contrat de vie commune ou si toutes les factures sont à vos deux noms. Sinon, en cas de séparation, chacun repart avec ce qui lui appartient. Et la propriété des biens est déterminée par le nom sur la facture! Bien des femmes se retrouvent à la rue avec leurs vêtements et leurs sacs d’épicerie vides…

La maternité

Les hommes sont nombreux à profiter du congé de paternité prévu au régime québécois d’assurance parental (RQAP). Par contre, environ le tiers seulement profitent des semaines de congé parental, majoritairement prises par la mère. Or, ces absences peuvent avoir des conséquences négatives sur l’avancement de la carrière des femmes. Surtout que les soins des enfants et les tâches ménagères reposent encore en plus grande partie sur leurs épaules.

Le prince charmant

Encore aujourd’hui, on lit aux fillettes des histoires où la princesse est sauvée par le prince charmant. « On a l’image que l’argent vient de quelqu’un d’autre, c’est associé à l’amour, indiquait la psychologue Rose-Marie Charest. L’histoire de notre survie a passé par l’amour, par le père et le mari qui subvenaient à nos besoins. Ça ne fait pas assez longtemps que ça a changé pour ne pas laisser de traces. »

Manque de confiance

Plusieurs études montrent que les femmes ont moins confiance en elles pour s’occuper de leurs finances. Elles sont aussi plus nombreuses à sous-estimer leurs connaissances. Elles doutent peut-être à tort! « Une étude a montré que les investisseuses obtenaient des rendements plus élevés de 0,4 % par rapport à ceux des hommes », souligne Anne-Marie Monette, du Mouvement Desjardins.

Une femme riche, ce n’est pas séduisant

Qu’on le veuille ou non, certains stéréotypes font la vie dure aux femmes. Selon différentes études, un homme ayant du pouvoir et de l’argent est généralement perçu comme étant plus séduisant. Pour les femmes, c’est le contraire! Cela s’expliquerait par le fait que les hommes sont attirés par les femmes à qui ils peuvent rendre service.

Espérance de vie

L’espérance de vie des Canadiennes est de 84 ans alors que celui des hommes est de 80 ans. De plus, les femmes vivent en moyenne sept années de plus que leur conjoint. Évidemment, leur longévité n’est pas une mauvaise nouvelle en soi. Par contre, elles sont plus à risque d’épuiser leur épargne retraite avant leur décès.

La perfection

Avant de postuler pour un poste, les femmes attendent généralement de correspondre à 90 % des exigences requises. Les hommes, eux, vont oser se lancer même s’ils n’atteignent que 60 % des exigences. Cela a un effet sur l’évolution de leur carrière.

Comme si ce n’était pas suffisant, les finissantes ayant d’excellentes notes ont moins de chance de décrocher un emploi que les garçons les moins doués, rapportait le magazine L’Actualité récemment.

Taxe rose

Que ce soit les vêtements, les rasoirs ou le désodorisant, plusieurs produits sont vendus plus cher lorsqu’ils sont destinés aux femmes plutôt qu’aux hommes. Le même phénomène est aussi observé dans certains services, comme au salon de coiffure ou chez le nettoyeur. Cela leur laisse donc moins d’argent dans leurs poches. Une Montréalaise a d’ailleurs déposé une demande de recours collectif contre plusieurs entreprises au printemps dernier, rapporte Radio-Canada.

Bref, si les femmes ont fait beaucoup de chemin dans les dernières décennies, il en reste encore à faire!

Nathalie Côté
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Nathalie Côté

Rédactrice en chef chez Économies et cie
Journaliste depuis 18 ans, Nathalie Côté a travaillé plusieurs années dans la presse locale avant de devenir pigiste pour différentes publications dont La Presse et Protégez-Vous. Elle est la fondatrice d'Économies et cie.
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